Réalisation d'archives familiales sonores
La voix comme fil tendu entre les vivants et ceux qui viennent
Que restera-t-il ?
Des entretiens pour traverser l’absence
Avant que les voix ne se taisent, il faut les enregistrer. Ce fut d'abord une urgence instinctive pour prévenir la disparition d'êtres aimés ; c'est devenu un métier.
Le récit de soi se fait plus naturellement à l'oral qu'à l'écrit. Les histoires qu'on livre sont portées par l'accent, l'accentuation, le choix des mots, par les questions posées par un Autre qui ne sait pas, et qui désire éperdument savoir.
Une écoute guidée qui permet de remettre sa vie en perspective
L'écoute que je propose n'est pas celle d'un analyste : elle est orientée, guidée, attentive à la réception des auditeurs choisis. Il s'agit de récits et non de thérapie... mais mettre en récit ce qui nous a traversés, c'est parfois en réchapper, et se raconter dans un micro peut dénouer ce que des années de silence avaient figé. Si ce n'est pas le but premier des podcasts, c'est un effet collatéral fréquent et heureux.
Une oeuvre de transmission inspirée de Romain Gary
Le but premier, c'est de faire une œuvre de transmission de valeurs et d'amour. J'ai été saisie par le geste de la mère de Romain Gary dans La Promesse de l'Aube : se sachant condamnée, elle avait écrit 250 cartes postales destinées à être postées après sa mort, pour que son fils continue de recevoir sa voix, sa présence, son exigence d'amour. Ce motif fictionnel, je l'ai fait mien — et j'en ai fait un service, la confection sur-mesure d'un cadeau à faire à ses proches.
Construire
un cadeau
Il y a bien des occasions d'offrir ce cadeau : parce que l'on va mourir, parce que l'on fête un anniversaire, une union, une naissance.
Le format retenu fait l'objet d'une élaboration concertée. Les fragments peuvent être insérés dans un récit porté par une narratrice, ou offerts sous la forme d'épisodes courts, en feuilletonnant
D’où j’écoute
Je m’appelle Solène Malaspina, et je viens de la langue — mon père parle l'occitan, ma mère le corse, l'anglais est mon premier métier. Le français est de la musique à mes oreilles, et j’écoute chaque voix comme si c’était une langue unique.
Je consacre ma vie à la construction du sens : en initiant les élèves de prépa du lycée Henri IV à l'étude des textes d'une part, et en me formant à la psychanalyse à l'Association lacanienne internationale d'autre part. D'un côté, la littérature ; de l'autre, l'écoute de ce qui échappe — les deux m'ont appris à entendre et faire entendre.
C'est la frustration éprouvée lors d’enterrements ratés qui m'a conduite aux entretiens biographiques. Comment rendre compte du mystère d’une vie ? Puiser dans le récit à la première personne ce qui permet le passage au récit à la troisième personne, c’est ce qui permet à ceux qui nous suivent de se construire, et c'est la sève de tout arbre généalogique.